Exposition au 104 PARIS de Dominique Dalcan

Installation mêlant textes, vidéos, enregistrements audio et performance.

Le projet Last Night a Woman save my Life prend racine dans la biographie personnelle du plasticien sonore Dominique Dalcan. En effet, l’artiste français internationalement reconnu (qui a été, entre autre, lauréat des Victoires de la Musique édition 2018 en catégorie électronique) est natif de Beyrouth. À sa naissance, le Liban connaît depuis plusieurs années une situation de crise qui entraîne son exil, étant encore nouveau-né. Ce projet marque donc le retour vers les racines de Dominique Dalcan, l’occasion de créer sur et avec le Liban, ainsi que le fruit de ses réflexions sur la domiciliation et le processus de construction d’un folklore personnel.

Il est également le reflet de sa démarche artistique qui se déploie sur différents media. En effet, à l’instar de son dernier projet expérimental «Temperance», Last Night a Woman save my Life est une création transdisciplinaire, entremêlant installation (vidéo, enregistrements audio, textes), production d’un
disque et performance live (concert). Confirmant le tournant opéré depuis sa création Temperance, d’une formalisation plus plastique et spatiale de son travail, le projet Last Night a Woman save my Life constitue à ce jour le volet le plus abouti en ce sens.

L’installation, sous sa forme présentée au Centquatre-Paris en 2020 se compose de plusieurs éléments : un espace central, composé de trois écrans vidéo-projetés, de quatre points d’écoute
(permettant une mise en espace du son), de photographies et de textes, disposés au sol; et, en marge
de cet espace principal, un dôme géodésique en bois, présentant une autre vidéo. Cette dernière a été réalisée en 2016 avec une sculpture du plasticien Julien Salaud, sur le thème du rapport de l’homme à son environnement, dans notre contexte anthropocènique.

Les autre photos, enregistrements audio et vidéos exposés sont issus de multiples voyages au Liban, de
la rencontre avec ses habitants ainsi que de documents administratifs relatifs à la recherche identitaire de l’artiste. Rassemblant ces différents fragments mnésiques, aux statuts différents, Dominique Dalcan les assemblent dans un geste révélateur de la construction de soi que chacun opère, de l’élaboration d’une histoire personnelle et collective, avec la dimension fictionnelle qui s’y rattache.

Cette installation se vit comme un environnement immersif, au sein duquel le spectateur est invité
à déambuler, se créant ainsi son propre parcours auditif. En effet, le dispositif sonore, composé de
quatre enceintes diffusant des sons distincts, est donc spatialisé, et permet au public d’apprécier un parcours audio unique au gré des déplacements. Les voix et témoignages s’entrecroisent et se mélangent, matérialisant une narration à voix multiples, à l’instar d’une mémoire collective.

Enfin, cette installation sera activée prochainement en live par l’artiste, sous la forme d’une performance sonore. Menée en collaboration avec plusieurs musiciennes et chanteuses du monde arabe, cette performance est composée de chants (français, anglais, arabe), sur des sonorités faisant cohabiter des instruments acoustiques du Proche-Orient avec les textures électroniques affirmées qui sont devenues

la marque de fabrique de Dominique Dalcan. C’est un artiste d’aujourd’hui dont la pratique inclut photographie, vidéo et installation. Développant une œuvre incarnée par les enjeux socioculturels, les oeuvres de Dominique Dalcan questionnent la place des images dans la construction et déconstruction

des regards sur le territoire (géographique, corporel, émotionnel et politique).